Santiago et Valparaíso : impressions contrastées

Changement de décor et changement d'ambiance pour nos derniers jours au Chili. Ce samedi 20 janvier, la Panaméricaine nous ouvre les portes de Santiago.


En toute honnêteté, nous n'attendions pas grande chose de la capitale chilienne, en tout cas pas autant que Rio ou Buenos Aires, mais il faut bien reconnaître que nous avons été agréablement surpris. En premier lieu, la quantité de rues arborées et de parcs de toutes tailles offrent, en plus d'un vrai plaisir paysager, une ombre salvatrice et un oxygène au combien important compte-tenu de la pollution stagnante dans cette vallée. Le meilleur exemple est sans doute le couloir de verdure le long du Rio Mapocho qui nous a permis de rejoindre le centre-ville à pied depuis les quartiers résidentiels (où nous avions posé Baluchon) en étant en permanence sous les arbres.


 Ensuite, par le plaisir qu'on a eu à découvrir les principaux quartiers de la ville :
 - le centre, organisé autour de la Plaza de Armas, regroupant les bâtiments officiels et les monuments importants tels que le Cabildo, la Cathédrale, les principaux musées etc. Mais si nous ne devions en retenir qu'un, ce serait le Palais de La Moneda. Résidence officielle du Président chilien (de LA Présidente d'ailleurs pour encore 3 quelques mois), il est tristement célèbre pour avoir été attaqué et bombardé par l'armée chilienne lors du coup d'Etat du 11 septembre 1973 visant à destituer Salvador Allende retranché à l'intérieur. Celui-ci se suicidera dans son bureau après avoir donné une dernière allocution mémorable. Chef de la junte militaire, le général Augusto Pinochet prendra en main le pays qui plongera dans 20 ans de dictature et d'oppression. Le Musée de la Mémoire et des Droits Humains rend hommage aux milliers de disparus, torturés, exécutés et nous plonge au coeur de cette période trouble ;
Palais de La Moneda


 Plaza de Armas

 Théatre municipal

 GAM, Centre culturel


 - le micro-quartier de Lastarria, dans un registre plus léger, avec ses rues animées et son petit cinéma d'Arts où nous avons passé une soirée pour visionner le film "Un beau soleil intérieur" avec Juliette Binoche ;




 - Bellavista, le quartier branché de Santiago, qui abrite aussi l'une des maisons de Pablo Neruda, telle qu'elle était lorsque le poète y vivait. Un visite surprenante et émouvante, où l'on s'attend à voir surgir derrière chaque porte le Prix Nobel de Littérature 1971.


Avec le quartier Paris-Londres, les cerros ("collines") Santa Lucia et surtout San Cristobal et sa statue de l'Immaculée Conception dominant la ville, nous pensons avoir eu un bon aperçu de la ville et avons passé un très bon séjour.
Cerro Santa Lucia


Immaculée Conception

 Quartier Paris-Londres

 Musée des Arts Pré-Colombiens




Dans cette dynamique positive, nous avons ensuite filé vers Valparaíso, étape importante de notre voyage et dont nous attendions beaucoup. Peut-être en attendions-nous d'ailleurs trop car après nos deux jours à "Valpo" nous sommes repartis avec une certaine frustration.

Certes, le "street art" est omniprésent, mais surtout sur les cerros Concepción et Allegre, sur les 45 que compte la ville. Ailleurs, "l'art de rue" se résume à des tags vandales qui donnent à la ville basse de Valparaíso un caractère négligé, délaissé, voire "zonarde". Il faut dire que c'est le cas. Depuis le terrible tremblement de terre de 1906 (3000 morts) qui dévasta la ville et l'ouverture du canal de Panamá en 1914, la "perle du Pacifique" a perdu tout son éclat. Elle semble aujourd'hui plongée dans une nostalgie léthargique et une décadence économique et sociale. Le classement de son centre historique au Patrimoine Mondial de l'Humanité en 2003 a donné un petit souffle à la ville. Corollaire inévitable, l'insécurité est assez présente et nous a fait reprendre notre habitude brésilienne de dormir devant le commissariat du coin.
















Evidemment, il y a de très belles choses à voir à Valparaíso, et les photos vous en convaincront, mais on en fait vite le tour ; on s'attendait à beaucoup plus. Mention spéciale tout de même au Musée d'Histoire Naturelle pour sa superbe muséographie très inspirée. A ce niveau, c'est de loin le plus beau musée que nous ayons visité lors de notre voyage.




On ne pouvait pas vous laisser sur un petit bémol alors finissons avec du très lourd. Le 31 janvier, nous avons traversé une nouvelle fois la Cordillère des Andes pour revenir en Argentine. Mais ici plus question de cimes à 2000 mètres. C'est entre des seigneurs de plus de 6000 mètres de haut que nous nous sommes faufilés, par un col à 3800 mètres. Nous avons été accueillis par l'Aconcagua, le plus haut sommet des Amériques et de l'Hémisphère Sud, culminant à 6962 mètres. Un décor majestueux, où chaque virage est un émerveillement de formes et de couleurs, le tout avec une dimension exceptionnelle. Une arrivée tonitruante en Argentine.











Commentaires

  1. Le pauvre Baluchon ! vous lui en faites voir de toutes les couleurs.
    Il a dû se sentir tout petit à côté de ces gros trucks sur cette surprenante route.
    Maintenant on attend la suite avec impatience, de tous les quatre......................
    Bonne continuation. BIZ......................................................

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