Rivière de janvier


Corcovado, Carnaval, Copacabana, Ipanema... Malgré la perte du statut de capitale fédérale et l'émergence de l'immense São Paulo, Rio reste la ville emblématique d'une nation et le prisme à travers lequel le monde découvre et perçoit la société brésilienne. C'était de toute évidence une étape importante de notre voyage et c'est avec une certaine excitation que nous y sommes arrivés vendredi 29 septembre.

Notre enthousiasme a vite été douché par le temps. Après un samedi sous la pluie à visiter le Musée National et acheter des souvenirs des plus insolites de Rio (des parapluies !) et devant les mornes prévisions météo des prochains jours, nous décidons de changer nos plans. Nous quittons prématurément Rio dimanche matin pour rejoindre Ilha Grande à deux heures de route au sud-ouest, le temps de laisser le soleil revenir sur la ville carioca. L'île est uniquement accessible en bateau et les voitures y sont inexistantes. On a pu y faire deux belles randonnées de plusieurs heures au milieu de la forêt atlantique luxuriante, sous des nuages bas accrochés au relief et les cris gutturaux d'outre-tombe des singes hurleurs.







Si la pluie a été assez présente à Ilha Grande, notre pari a été gagnant car le soleil était de retour à Rio en même temps que nous. Nous avons commencé notre deuxième visite de la ville par une excursion organisée dans deux favelas. On dénombre plus de 800 favelas dans l'agglomération de Rio, abritant environ 1,2 million de personnes, soit près de 20 % de la population carioca. Nous commençons par la visite de Rocinha, avec ses 80.000 habitants entassés sur 2 km², et théâtre d'affrontemnents entre deux cartels de la drogue ces dernières semaines. Tout un programme... Pour autant, mise à part la police lourdement armée, nous n'avons pas eu de sensation d'insécurité particulière mais l'impression d'être dans une ville comme beaucoup d'autres au Brésil avec ses magasins et ses bars (dans les rues principales en tout cas).


Suivant notre guide Luiz nous nous sommes rendus sur un marché d'artisans, avons profité d'une vue imprenable sur la favela depuis l'arrière-boutique d'un garage et visité une école maternelle soutenue par Favelas Tour, l'agence qui organise la visite. Implantée au pied de la montagne des Deux frères depuis plus de cinquante ans, le visage de Rocinha a beaucoup évolué avec le temps. Les baraquements originels de bois et de plastique ont progressivement laissé la place à des constructions en dur et bénéficient de l'eau courante et des égouts depuis le milieu des années 1990. L'immense majorité des habitants sont d'honnêtes gens qui n'ont pas les moyens de loger dans les quartiers huppés dans lesquels beaucoup d'entre eux travaillent. Nous avons aussi parcouru le dédale de ruelles de Vilas Canoa, où la lumière du jour peine à atteindre le sol. Cette petite favela (3.000 personnes), plus tranquille, bénéficie aujourd'hui de structures sociales développées et gratuites grâce à la mobilisation des habitants du quartier riche voisin. Si chacun dort chez soit, les gens se côtoient et échangent plus ici qu'ailleurs.

Ces 3h de visite nous ont permis d'avoir une vision des favelas plus proche de la réalité. C'est une excursion indispensable, qui plus est quand elle est pratiquée sans voyeurisme et participe au développement social du quartier, car Rio ne serait pas Rio sans ses favelas.

  



Le lendemain, jeudi 5 octobre, nous aons déambulé dans les quartiers du centre-ville : Santa Teresa, sorte de petit Montmartre avec ses ruelles pavées en pente et ses maisons d'artistes cossues, Centro où les immeubles de verre toisent de façon un peu hautaine les vénerables bâtiments historiques et Lapa dont les arches de son aqueduc enjambent les rues pour porter le petit tramway Belle-Epoque vers les hauteurs de Santa Teresa. Si nous devions mentionner un élément marquant à ne pas manquer dans chaque quartier, on retiendra l'Escaladeira Selaron (du nom de l'artiste chilien fou qui l'a réalisé), la somptueuse bibliothèque Real Gabinete Português de Leitura et l'insolite cathédrale Metropolitana tout droit sortie d'un épisode de Star Wars. Quoi qu'il en soit, flâner dans les rues du centre-ville reste le meilleur moyen de s'imprégner de l'ambiance et des différentes atmosphères, quitte à avoir un peu mal aux jambes le soir.
















Vendredi a été dédié aux incontournables. Réveil plus que matinal pour être à l'ouverture du téléphérique qui nous a emporté en deux temps au Morro da Urca puis au sommet du fameux Pain de Sucre. Vue splendide de Copacabana à Niteroí, de l'autre côté de la baie de Guanabara. Le soleil brillant, la très bonne visibilité du matin et la proximité du Pain de Sucre par rapport au centre nous ont permis de profiter pleinement de cette vue magnifique.



      

Direction ensuite la montagne du Corcovado. Accès par un petit funiculaire à travers le parc de Tijuca, plus grande forêt tropicale urbaine du monde. Là encore, vue exceptionnelle sur 360° au pied de la statue du Christ rédempteur de 30 mètres de haut, 20 mètres de large, reposant sur son piédestal de 8 mètres. Sensation un peu bizarre d'être face à ce monument qu'on a vu et revu en photo, dans des reportages ou des films et qu'on pourrait presque toucher (avec de très grands bras). La densité de perches à selfie au mètre carré nous empêche de prononcer le mot "magique", mais quand même ça nous a fait quelque chose.






 
Pour finir, promenade très agréable dans le Jardin Botanique au pied du Corcovado. Des cactus aux formes les plus étonnantes à l'impressionnante collection d'orchidées plus belles les unes que les autres en passant par les jardins mexicains et japonais, on regrette simplement d'avoir été un peu en avance sur les floraisons.



Nous ne pouvions évidemment pas quitter Rio sans profiter de ses plages. Samedi matin, nous nous sommes donc promenés le long de Leblon, Ipanema et bien sûr Copacabana, qui se sont remplis au fil de la matinée. Transats, parasols, innombrables terrains de beach-volley, beach-foot, beach-tennis (oui oui), baraques à caipirinhas et coco frio, maillots de bain à la surface optimisée au maximum... On était en plein dedans. Mais ce que les images paradisiaques ne disent pas, c'est que l'eau est très froide ! Pas loin des cascades de la Chapada Diamantina. De quoi vous casser le mythe. Mais avec la chaleur, ça fait quand même du bien (après coup).







De ces 5 jours à Rio, on repart avec des souvenirs plein la tête et des étoiles dans les yeux. Bien sûr, 5 jours c'est court et on aurait voulu en faire plus pour profiter davantage de la vie carioca, mais on a le sentiment d'avoir perçu l'essentiel. Rio est fidèle à sa réputation et on y reviendra avec grand plaisir.

Cette superbe expérience n'aurait pas été si positive sans l'accueil, la gentillesse, la bonne humeur et la générosité d'Alessandro et de sa famille, qui nous ont hébergés chez eux et donnés l'occasion de partager le quotidien des cariocas. Muito obrigado para tudo !


Nous sommes maintenant repartis vers le Nord. Nous avons fait escale dans la charmante ville impériale de Petropolis dont on vous glisse quelques photos ici car elle vaut le coup d’œil pour l'architecture éclectique de ses grandes maisons, sa cathédrale gothique (la première que nous voyons au Brésil) et l'ancienne résidence d'été de l'empereur Don Pedro II qui se visite et qui est la raison même de l'existence de la ville.









Voilà c'est fini !

Commentaires

  1. on met une option sur les deux chaises longues.
    Superbe ! C'est pas pour dire, mais vous faites quand même
    très touristes.
    Bonne continuation. On attend avec impatience la suite, bien
    évidemment, avec tous les rebondissements des aventuriers
    zézémayon.
    Biggggggggggggggggg BISOUSSSSSSSSSSSSSS

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  2. ça fait réver tout ça, les récits sont si bien écrits qu'on arrive à être avec vous et a ressentir les atmosphères, c'est super, continuez à nous faire partager.

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