Le Machu Picchu



Le voilà enfin.
On admet vous avoir volontairement fait un peu mariner en décidant de lui consacrer un article entier. Ne nous en voulez pas, c'était aussi une façon pour nous de transmettre l'excitation et l'attente qui nous animent depuis notre entrée au Pérou. Plus important site archéologique d'Amérique du Sud, parmi les 7 nouvelles merveilles du monde ; ce ne pouvait être qu'on point incontournable de notre voyage.

Comme nous vous l'avions annoncé dans l'article précédent, nous avions décidé de nous rendre par nos propres moyens sur place, soit 4h de route dont 2 de piste jusqu'à Santa Teresa puis 2h30 de marche pour rejoindre Aguas Calientes, alias Machu Picchu Pueblo, le village le plus proche du site.

Or, à 2 kilomètres de Santa Teresa, la courroie accessoire se fait la malle, faisant caler le moteur. C'est une nouvelle fois le galet tenseur qui a lâché. Heureusement, nous retrouvons la courroie un peu plus haut et grâce aux outils d'un couple anglais à moto qui passait par là, nous réussissons à extraire le tenseur. Le roulement changé à Calama au Chili il y a un mois a cassé. Impossible d'aller plus loin et il fait presque nuit. Coup de pouce supplémentaire, nous avons pu nous arrêter sur un replat sur le côté et ne pas bloquer la piste qui ne fait que quelques mètres de large.


Nous passons la nuit au crépitement de la pluie sur le toit et de sourds grondements des plus inquiétants. Aux premières lueurs du jour, nous réalisons qu'un énorme éboulis bloque complètement la piste à 100 m derrière nous et le petit ruisseau dans lequel nous avions retrouvé la courroie la veille est maintenant une cascade de boue. La pluie s'est arrêtée mais des blocs de la taille d'un bagage à main dévalent encore occasionnellement la pente, sans danger pour nous. A 6h du matin, la police arrive sur les lieux et nous demande de quitter le véhicule.


Nous nous rendons à Santa Teresa notre galet tenseur à la main et à 9h nous nous rendons chez le seul mécano du village (ouvert le dimanche !), qui nous dit qu'il n'a pas de roulement de rechange. Nous commençons à nous voir bloqués ici plusieurs jours quand la Providence (n'ayons pas peur des mots) en fait apparaître un, sous un amoncellement de clés plates de toute taille. Même largeur, même diamètre. Deux heures plus tard le galet tenseur est réparé et une heure après nous avons réussi à le remettre nous-mêmes, à retendre la courroie et à repartir.



Soulagés de ce retournement de situation inespéré, nous profitons pleinement de la rando de 2h30 qui nous replonge dans l'ambiance amazonienne du début du voyage : une végétation luxuriante qui s'agrippe jusqu'aux parois les plus verticales des montagnes enserrant à leur pied une rivière marron au tumulte rugissant que seul le cri des perruches virevoltant dans le canyon parvient à percer. Le contraste avec les paysages désertiques de l'Altiplano que nous côtoyons depuis un mois est saisissant. La vallée encaissée et la végétation dense au-dessus de nos têtes accentue l'obscurité naissante et c'est de nuit que nous arrivons à Aguas Calientes.




Comme nous nous y attendions, le début de la matinée du lendemain est pluvieux et c'est en bus que nous montons les 400 mètres de dénivelé qui nous séparent du Machu Picchu. Petit à petit, le voile blanc et laineux des nuages s'étiole et se file sur les fusains rocheux des sommets alentours. Une ambiance mystique, telle une mise en condition pour aborder la découverte du site dans l'état d'esprit optimal. Et c'est au contact chaleureux des premiers rayons du soleil que notre regard se pose sur le panorama général de la cité, non sans une certaine émotion.





Construit sous le règne du 9ème empereur inca Pachacútec vers 1450, la cité serait une résidence estivale de l'Inca. À cheval sur une crête avec des terrasses dévalant les pentes escarpées, le lieu semble en effet idéal pour se reconnecter avec les forces de la Nature. Inachevé, probablement abandonné pendant la lutte contre les Espagnols au XVIème siècle, le site ne sera que "scientifiquement" redécouvert par l'Américain Hiram Bingham le 14 juillet 1911. Les connaissances sur la ville sont très lacunaires et on ignore même jusqu'au nom de la cité (Machu Picchu étant le nom de la montagne sur laquelle elle s'appuie, à ne pas confondre avec Wayna Picchu qui est le mont que vous voyez sur toutes les photos). Beaucoup de théories, peu de certitudes, mais cela n'empêche pas d'apprécier une nouvelle fois les prouesses techniques des ingénieurs incas. Seuls 20 % du site ont été restaurés, le reste résiste imperturbablement aux séismes et aux pluies diluviennes depuis 500 ans sans le moindre entretien ; l'une des clés étant l'incroyable système de drainage et d'évacuation des eaux dont l'efficacité ferait pâlir d'envie nombre de villes de la Côte d'Azur.






Système de fixation des toitures





Le chinchilla, gardien surprenant du Temple du Soleil



Système d'évacuation des eaux

 Vue depuis la porte du soleil

Après 5h de visite, dont 2 avec guide, à imaginer la vie des 400 à 1 000 résidents, ponctuées par une ascension vers la Puerta del Sol pour un panorama grandiose depuis la fin du Chemin de l'Inca, nous nous en sommes retournés et avons redescendu le Machu Picchu par l'escalier, pour arriver à Aguas Calientes avec les premières gouttes. Timing parfait. Le reste de l'après-midi fut pour nous d'un luxe absolu : se reposer dans notre chambre de petit hôtel qui nous paraissait un palace, à ne rien faire jusqu'à la nuit tombée. Une récupération extrêmement bénéfique tant sur le plan physique que mental après neuf mois de voyage intenses.




Voilà qui conclut en beauté la première partie de notre chapitre péruvien. Cap maintenant vers la côte pour une longue route qui s'annonce sinueuse mais asphaltée: Direction le désert pour prendre de la hauteur et admirer un témoignage d'une autre civilisation perdue, aussi grandiose que mystérieux.


Commentaires

  1. quelle aventure ! vous avez beaucoup de chance dans vos galères mécaniques,
    mais que de belles anecdotes à raconter pendant tout le reste de votre vie

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  2. Quel beau voyage!!!
    Belle aventure !!!
    Profitez bien de vos dernières semaines 😘

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  3. Haaaa... petit pincement au cœur ! <3

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  4. Magnifique !!! comment dit on "bonne étoile" en péruvien ?
    Elle était là c'est sûr.

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  5. Cet article là, cette étape de votre voyage, raisonne un peu plus dans mon coeur. Je suis avec vous par la pensée et grâce aux petites traces laissées dans Baluchon. J'espère que vos yeux se posent dessus de temps en temps <3 Des bisous et pelin d'amour envoyés du bout du monde !

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