Mes voisins les batraciens
Le temps exceptionnellement pluvieux que nous avons en ce moment sur la Martinique ne fait pas que des malheureux. Les amphibiens de l’île sont actuellement dans leur période faste et en profitent allègrement. A tel point que sur les 6 espèces présentes ici, j’en ai déjà vu 3 sans dépasser le seuil de la terrasse. Ce sont évidemment les espèces les plus communes et les mieux adaptées au milieu urbain, mais quand même ! Allez, je vous fais les présentations.
Première rencontre avec ce p’ti gars (ou cette p’tite nana, j’ai pas une vue aussi bonne que ça) derrière le canapé de la terrasse. Vous excuserez la qualité de la photo : au moment de déclencher, je suis à genou sur le canapé, basculé par-dessus le dossier, le bras tendu pour tenter de faire la mise au point et gérer le flash à une main sur le téléphone avec une cible qui saute (c’est normal, c’est une grenouille). Son petit nom ? L’Eleuthérodactyle de Johnstone. Oui je sais, petit nom… C’est vite dit ! Pour m’en souvenir je pense à quelqu’un qui interpelle un dinosaure volant (« Hé ! Le Ptérodactyle ! »). Mais bon, je comprends que ça n’aide pas tout le monde. Sinon on l’appelle aussi Hylode de Johnstone pour ceux que ça arrange. C’est une petite grenouille qui peut faire jusqu’à 3,5 cm (celle-ci devait faire 1,5 cm). Elle est très commune et a été introduite en Martinique entre le XIXème et le XXème siècle. Elle est très proche de l’espèce locale, l’Hylode de la Martinique, qui préfère les milieux plus humides à partir de 1300 m. Avec le réchauffement et l’assèchement du climat (sauf en ce moment !) l’Hylode de Johnstone, mieux adaptée à ces conditions, pourrait davantage repousser la grenouille locale dans des zones plus reculées et plus restreintes.
Deuxième rencontre et changement de catégorie. Voici le poids lourd de l’île : le crapaud bœuf. Dix centimètres au maximum pour ce géant originaire de Guyane dont l’appétit vorace et la reproduction prolifique en font une menace pour la biodiversité locale. Pour autant, je n’ai pas eu le cœur à dézinguer ces deux jeunes (5 et 7 cm environ) venus passer la nuit dans les replis d’un carton humide.
Troisième rencontre hier soir en allant me coucher, avec une petite bête qui porte bien son nom : la rainette des maisons. Petite grenouille, elle apprécie les milieux anthropisés. Très présente dans le sud de l’île, elle y a été introduite dans les années 1990, toujours depuis les Guyanes. Elle ne semble pourtant pas représenter une menace pour les espèces locales. Celle-ci a dû rentrer dans la maison dans la journée. Après s’être fait tiré le portrait, elle a retrouvé la chaleur moite de la nuit tropicale.
En bonus, je vous présente l’Anolis de Martinique, le lézard le plus répandu de l’île. Oui, ce n’est pas un amphibien, mais c’est le principe d’un bonus, c’est un petit plus décalé. Si les adultes peuvent faire plus de 20 cm avec la queue, c’est surtout des petits jeunes de quelques centimètres qui s’aventurent de temps en temps dans le salon. La photo ci-dessus a été prise au bureau. Au bout de ses longs doigts, il possède des griffes qui lui permettent de s’accrocher facilement sur les surfaces rugueuses. Mais ces griffes sont aussi pourvues de lamelles adhésives qui le rendent tout aussi agile sur les surfaces lisses. Etonnant non ? Les adultes ont par ailleurs un magnifique repli de peau jaune vif sous la gorge, qu’ils déploient à l’occasion.
Voilà j’arrête avec mes bêbêtes. Jusqu’à la prochaine fois 😉



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